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03 Aoû 2015 - 07:46:48

34e Dimanche du temps ordinaire Christ Roi


Du livre de Daniel 7, 13-14

Moi, Daniel, je regardais au cours des visions de la nuit et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d'homme : il parvint jusqu'au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite.


Daniel a, pendant ses nuits, des visions. L'une d'elle le fait voir un « fils d'homme » venant sur les nuées. Jean dans son apocalypse voit quelqu'un d'assis sur la nuée « et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre et la terre fut moissonnée » ( apo 14,16) Le personnage qui porte ce titre reçoit de « l’Ancien des jours » une investiture royale sur toutes les nations de la terre : il est placé à la tête du royaume de Dieu annoncé par les prophètes.


Fils de l'homme (ben-adam ou ben-enosh en hébreux, barnasha en araméen) signifie d'abord « membre de la race humaine », avec une nuance de faiblesse : « Dieu n'est pas homme pour qu'il mente, ni fils d'homme pour qu'il se rétracte » (Nombres, XXIII 19) ; « le fils d'homme, ce vermisseau » (Job, XXV 6). En Babylonie (mar awili) il désigne un homme libre de condition supérieure, c'est sans doute dans ce sens qu'on l'emploie à propos du prophète Ezéchiel. L'expression qui est employé 82 fois dans les évangiles (dont 12 fois par saint Jean), est propre à Jésus et on ne la rencontre chez ses interlocuteurs qu'une fois, pour en demander le sens : « Qui est-il ce Fils de l'homme ? » (évangile selon saint Jean, XII 34). Dans le Nouveau Testament, on l’entend de saint Etienne (Actes, VII 56), une fois dans l'épître aux Hébreux (II 6) et deux fois dans l'Apocalypse (I 13 et XIV 14)


Nous voyons, nous chrétiens, dans ce texte la proclamation solennelle de la Seigneurie du Christ, qui après sa mort pour nos péchés et sa résurrection pour notre justification est monté à la droite de Dieu où il est notre avocat permanent auprès de Dieu. Daniel annonce que ce roi sera le roi de toutes les nations, de tous les langues Cette universalité n'est effective qu'a partir de Jésus. C'est lui qui ouvre les portes du royaume aux gens qui ne sont pas Juifs, qui ne sont pas du peuple élu. Daniel a la vision du roi investi, du roi attendu, du Messie. Toute la création sera libérée de la corruption et « réunie autour d'un seul chef le Christ » (Ephésiens 1,10)




Psaume 92 (93)


Le Seigneur est roi ;

il s'est vêtu de magnificence,

le Seigneur a revêtu sa force.


Et la terre tient bon, inébranlable ;

dès l'origine ton trône tient bon,

depuis toujours, tu es.


Tes volontés sont vraiment immuables :

la sainteté emplit ta maison,

Seigneur, pour la suite des temps.


Hymne à Yahvé ordinateur , législateur, roi du monde

« Mon chant doit aller à mon roi « chantez à Dieu , chantez ! Chantez à notre roi chantez «  (Psaume 47,6-8) « Il est le seul souverain , le roi des rois le Seigneur des Seigneurs » (1Timothée 6,15-16) «  Ton règne est un règne de tous les siècles et ta domination subsiste dans tous les ages (Psaume 145,13) C'est un Dieu drapée de magnificence dont les ordres sont très surs à sa maison convient la sainteté ( v5) « Mais l’Éternel est Dieu en vérité, Il est un Dieu vivant et un roi éternel; La terre tremble devant sa colère, Et les nations ne supportent pas sa fureur. » (Jérémie 10,10) car il est revêtu aussi de force.

La terre tient bon, comme le psalmiste le pense, en enfermant la mer dans des limites infranchissables comme le dit le livre de Job ( 38, 8-11) et en enfonçant les montagnes dans les océans. La création de Dieu est bonne « Dieul vit que cela était bon ». « Au commencent Dieu créa le ciel et la terre … l'esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. ; » (Genèse 1,2) Dieu a toujours été.

Seigneur tu n'es pas comme les hommes sujet aux variations de temps. Ta volonté est immuable. Ta maison reste toujours une maison de sainteté Toi le roi, tu diriges ton royaume toujours de la même manière

Dieu est saint et appelle tout le monde à la sainteté. La loi mosaïque disait: « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » La sainteté réside en Dieu et ce n’est que de Dieu qu’elle peut se communiquer à son chef d’œuvre : l’être humain. Nous sommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu. « Dieu dit : faisons l'homme à son image selon notre ressemblance » (Génese 1,26)  et la sainteté de Dieu, son « altérité absolue »( État, qualité de ce qui est autre, distinct.) a laissé son empreinte en chacune et chacun de nous.


 





De l'Apocalypse de saint Jean 1, 5-8

Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né d'entre les morts, le souverain des rois de la terre. A lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père, à lui gloire et puissance, pour les siècles des siècles. Amen. Voici qu'il vient parmi les nuées, et tous les hommes le verront, même ceux qui l'ont transpercé ; et, en le voyant, toutes les tribus de la terre se lamenteront. Oui, vraiment ! Amen ! « Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, je suis celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant ».


Ce texte est tiré de l'adresse de l'Apocalypse de St Jean. Il s'adresse aux sept Églises qui sont en Asie et le fait de la part de Dieu, l’Éternel (Celui qui est Celui qui était et celui qui vient) , de la part des 7 esprits (qui sont devant son trône) et de la part de Jésus Christ. Les sept églises reçoivent de leur part, la grâce et la paix (Comme la plupart des autres épistoliers du Nouveau Testament, saint Jean allie la salutation grecque (grâce) à la salutation hébraïque (paix) 

Jésus qui apporte, grâce et paix, est le témoin fidèle, le premier né d'entre les morts et le chefs des rois de la terre. Sa place d'honneur est légitime. Il a droit à la puissance et à la gloire pour les siècles des siècles, car il nous aime et l'a montré en nous délivrant du péchés par son sang. Par cette délivrance Jésus nous a fait citoyens de son royaume et les prêtres de Dieu son Père . «  Il nous a laissé, comme des pierres vivantes, être bâti, par lui, Jésus Christ , en maison spirituelle pour un sacerdoce saint, en vue des sacrifices spirituels agréés de Dieu » ( 1Pierre 2,5)

Voici que le « Fils de l'homme » vient sur la nuée et tous les hommes le voient même ceux qui l'ont crucifié » Ils pleurerons et se frapperons la poitrine « mea-culpa »Ils feront l’aveu contrit de leurs fautes commises

Un peu plus loin dans le texte (21,6-8) Jean revient sur le Dieu, du passé, du présent et de l'avenir, et montre que les nations ont raisons de se lamenter. « Et il me dit: C'est fait! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. Celui qui vaincra héritera de ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils. Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. »




Alléluia

Béni soit le règne de David notre Père , le Royaume des temps nouveaux ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient !

Alléluia





Jean 18,33-37

Lorsque Jésus comparut devant Pilate, celui-ci l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici ». Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui le dis : je suis roi. Moi, c’est pour cela que je suis né, et c’est pour cela que je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix ».


On est encore le matin, il est six heures, et le tribunal ne s'ouvre pas avant neuf heures mais ils sont pressés et compte bien sur une faveur. Cette faveur leur est accordée . Ne voulant pas être souillés, arrivés à la porte du palais, ils s’arrêtent sur la place extérieure. Pilate* ne voulant froisser personne se prête à ce jeu du « dedans dehors » Après avoir écouter les accusations lancées sur Jésus. Il rentre dans le prétoire et fait paraître Jésus devant lui. Pour les juifs en entrant dans ce prétoire, il est devenu, aux yeux de tous, impur.

Pilate interroge Jésus «  C'est toi le roi de Juifs ? » Il y a de l'ironie dans cette question ! Fait il vraiment figure d'un roi que la puissance romaine doit craindre ? Pilate sait que cette accusation de chef de mouvement nationaliste est la seule qu'il peut prendre en compte et que les Juifs sont capables de tout pour le faire condamner à mort. Rome peut reconnaître des rois locaux comme Hérode mais quand ceux ci sont légitimés par le pouvoir central et cadrés dans leurs actions. Un roi non légitimé est un rebelle qui menace la « paix romaine » et qui est passible de la peine de mort.

Jésus demande : «  est ce de toi même que tu dis cela ? ou est ce que ce sont d’autres qui te l'on dit » Jésus semble ne pas mesurer la situation. Il ne semble pas savoir que l'homme qu'il interpelle est capable de vie et de mort sur lui. Là on voit que Jésus n'est comme un prisonnier ordinaire. Il oblige Pilate à prendre position. Si c'est Pilate qui dit cela qu'il donne les preuves de sa rébellion, qu'il montre les rapports de police etc Si c'est d'autres qui le disent, il doit, en bon juge, examiner les preuves et ce n'est qu’après, dans le calme, qu'il doit rendre son verdict. »

Pilate agacé, un peu hautain répond : «  Est ce que je suis juif moi pour m'occuper de vos querelles religieuses, de vos visions messianiques, pour savoir ce que vous entendez par roi, Messie libérateur ? »

Pilate fait une constatation : «  ce n'est pas moi qui t'ai amené ici ce sont des gens de ton peuple. Ce sont les grands prêtres qui t'ont remis entre mes mains. Je voudrais bien comprendre ce que tu as fais de si grave à leurs yeux et qui tu es. » Jésus répond : «  La royauté que j'ai, ne vient pas de ce monde Si elle était de ce monde mes hommes auraient combattu pour moi, pour empêcher de tomber entre les mains de Juifs. Ma royauté ne vient pas d'ici bas » Jésus est présenté, dans les évangiles, comme l'accomplissement de l'idéal royal messianique de l'AT (Ps 93) Non seulement sa royauté ne passera pas (De 7,13) mais il possède une royauté qui fait de son peuple, un peuple royal (ap 1;5-8) Son royaume n'est pas politique. Il n'a aucune ambition nationaliste. En parlant de son manque de garde et d’armée il montre à Pilate, qui est bien gardé, qu'il n'a pas à avoir peur physiquement de lui

Pilate est intrigué. Comment peut on être roi en ayant pas d' armée et ayant autant de monde à le haïr ? Et il dit : «  Tu es donc bien roi ! » Pilate attend une réponse nette et Jésus dit «  C'est toi qui le dit. Je suis roi Je suis né, je suis venu au monde pour rendre témoignage à la vérité et de tous ceux qui viennent de la vérité écoutent ma voix » La Vérité est toute sa mission Il a été envoyé par le Père pour rendre témoignage à la Vérité. Rendre témoignage, c'est ce qui caractérise la royauté de Jésus Alors que les rois de la terres tiennent leur force de l'obéissance de leurs sujets et de leurs soldats, le Roi Jésus, qui n'est que faiblesse humaine, tire sa force d'une source divine. Il règne sur les cœurs non par la force mais par le dialogue, par la foi et l'amour. Quiconque aime et recherche la Vérité écoute sa voix et se soumet volontairement à son empire.


Ponce Pilate qui appartient à l’ordre équestre, est le sixième procurateur de Judée (26-36) dont le pouvoir s’étend sur la Judée, l’Idumée et la Samarie, avec Césarée pour capitale. Pilate détient en Judée le pouvoir administratif suprême, l'imperium qui lui laisse une assez large indépendance de gouvernement, et l'investit du droit de condamner à mort qu'il exerce sans partage ; un procès juif qui aboutit à la peine capitale n'a de sens que si le gouverneur accepte la condamnation et en permet l’exécution ; ainsi Pilate a un rôle de premier plan lors de la condamnation de Jésus. Dans ce procès, Pilate ne cède pas à la peur ni ne défend l'accusé, mais se montre tel un gouverneur qui ne veut pas être manœuvré par ceux qu'il est chargé de gouverner. Cependant l'accusation portée contre Jésus est fort habile car, face à une revendication de royauté, le gouverneur ne peut pas se dérober. Pilate entretient des rapports convenables avec les milieux sacerdotaux, singulièrement avec Caïphe, le grand-prêtre, qu’il a le pouvoir destituer mais qu’il maintient en poste tout au long de son préfectorat. Outre que Pilate qui est militaire, n’est pas préparé pour administrer une province remuante, il est totalement insensible au judaïsme ; il introduit les effigies de César à Jérusalem (ce que n'avait osé aucun de ses prédécesseurs) et il utilise l'argent du Trésor du Temple pour aménager l'aqueduc qui amène l'eau au Temple depuis le sud de Bethléem. Cependant les trois fois que Pilate bat monnaie, il introduit le simpulum (petite coupe pour les libations) et le lituus (bâton augural), mais il se garde d’y faire frapper des figures humaines, ce qui serait insupportable aux Juifs. La masse juive ne l'intéresse pas, mais provoque chez lui agacement. Quand ses initiatives suscitent de vives réactions parmi les Juifs, il emploie la manière forte. Poussé par un zèle excessif, Pilate devance les manœuvres du prophète samaritain qui invite ses coreligionnaires à gravir le Garizim pour y trouver les vases sacrés enfouis par Moïse ; il fait massacrer les Samaritains qui étaient cependant fidèles à Rome. Après le massacre des Samaritains (36), Vitellius, le gouverneur de Syrie, envoie Pilate s'expliquer auprès de Tibère, mais l’Empereur meurt avant son arrivée. Dès lors, Pilate échappe à l'historien et entre dans la légende.


LE CHRIST-roi (une méditation et étude en dehors de l'étude de cet évangile)

Saint Thomas d’Aquin meurt avec, sur les lèvres, « 0 toi, Jésus, le Roi de gloire ! » Saint Ignace montre dans ses Exercices et ses Méditations l’importance du règne du Christ. Sainte Thérèse se dit très émue à chaque fois qu’elle entend les paroles du Crédo « que ton règne vienne », insérés dans la formule de foi par le concile de Nicée. Seraient-ce la simplement manifestation d’une dévotion particulière ? Non, car le Christ roi , s’inscrit dans les textes, dans la vie du Seigneur et dans notre propre vie.

Dans 1’Ancien Testament, quand il s’agit de donner le portrait du Messie, le titre de Roi et les prérogatives de la souveraineté sont constamment rappelés.

Le fils de l’Homme dans la bouche de David, formule lui-même la mission qu’il doit recevoir de son Père: « Yahvé m’a dit : Tu es mon Fils ; c’est moi qui dans mon jour éternel t’ai engendré. Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, et les confins de la terre pour patrimoine. Tu les gouverneras avec un sceptre fort comme le fer, et elles seront, entre tes mains, comme le vase d’argile que le potier brise à son gré » (Ps. 11, 7). Dans les Psaumes, David dépeint les bienfaits et la puissance du Sauveur-Roi : il le montre donnant la paix à son peuple, distribuant la justice à tous ses sujets, prodigue de grâces envers les malheureux. Quel autre que lui, interroge-t-il, possède une royauté « aussi durable que le soleil » ? Quel autre « étend son empire sur toutes les générations » (Ps. 121, 5). « Il régnera de l’Océan jusqu’à l’Océan et des rives du fleuve jusqu’aux confins de la terre. Tous les rois de la terre l’adoreront et toutes les nations seront soumises à son empire » (Ps. 121, 8, 11). ’

Après David, Isaïe : ce voyant nous montre le Christ sous la figure « d’une montagne qui s’élève au-dessus de toutes les collines (c’est à dire de toutes les principautés) de la terre. Et toutes les nations accourent à elle, et des peuples nombreux viennent et disent : Allons à la montagne du Seigneur et à la maison du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers ; car la loi sortira de Sion, et la parole du Seigneur, de Jérusalem. I1 jugera les nations; et les peuples, captivés par sa parole, changeront leurs glaives en socs de charrues, et de leurs lances ils feront des faux ; les nations renonceront à tirer le glaive contre les nations, et elles ne s’exerceront plus à l’art de la guerre » (Isaïe, 1). Il apparaît déjà que ce doit être une royauté terrestre, puisqu’elle s’élève de la terre et domine les grandeurs de la terre ; une royauté sociale, puisqu’e1le s’exerce sur les peuples et leur donne des lois; une royauté spirituelle, puisqu’elle a pour organe la parole de Dieu;

Il appartenait à Daniel d’expliquer la durée sans limites de cette royauté, appelée à se commencer ici-bas, mais à se perpétuer éternellement : « Je vis s’avancer le Fils de l’homme ; et il vint en la présence de l’Ancien des jours, qui lui donna la puissance, l’honneur et la royauté. Tous les peuples, toutes les tribus et toutes les langues lui obéiront... Il partagera avec le peuple des saints du Très-Haut cette royauté et cette puissance. Il n’y aura pas, sous le ciel, de royaume dont la grandeur ne lui appartienne. Son règne est un règne éternel ; et tous les rois lui devront service et obéissance » (Dan., 7, 13-14, 27).

Jésus, si humble; si ennemi du faste n’hésite pas à déclarer: « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur terre » (Matthieu 28, 18), et encore; « Toutes choses m’ont été livrées par mon Père » (Matth., 11, 27 ; Luc, 10, 22) ; au moment même où il va se mettre aux pieds de ses disciples, avant la Cène, il proclame : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis en vérité »(Jean XIII, 14).Dans son dernier discours au peuple sur les châtiments et les récompenses réservés dans la vie éternelle, il parle du Fils de 1’homme qui viendra dans sa gloire, s’assiéra sur le trône de sa gloire et jugera les nations: « Alors, le Roi dira à ceux qui sont à sa droite, etc... » (Matthieu, 25, 31-46). Au juge qui l’interroge durant la Passion ; « es tu roi? » Jésus répond nettement: « Tu le dis je le suis: » (Luc, 23, 3; Jean., 28, 37). Comme Dieu, il est évident que Notre-Seigneur possède, au même titre que le Père ct le Saint-Esprit, la souveraineté suprême, la suprême royauté.

Pour nous rendre la vie surnaturelle perdue par le péché originel, le Verbe s'est offert éternellement à son Père: « Vous avez été affranchis, écrit saint Pierre (I, r, l8—l9), non par des choses périssables, de l’argent ou de l’or, mais par un sang précieux, celui de l’Agneau sans défaut et sans tache, le sang du Christ » C’est au prix du sacrifice héroïque du Calvaire que Jésus est devenu le chef de l’humanité rachetée. En plus de sa nature divine, cette vaillance, la générosité sans bornes de son immolation, le sang de sa couronne, lui donnent droit à être notre chef. « Il faut toute la bassesse de nos néants humains, l’odieuse suffisance de notre orgueil puéril, l’absence totale de la plus élémentaire reconnaissance, pour ne pas saluer, dans le Sauveur Jésus, le roi de puissance, le roi d’amour qui « n’a rien épargné » pour nous restituer les privilèges divins gaspillés par la sottise et l’ingratitude humaines. » Pour nous faite naître il a suffit d’un souffle , pour nous faire renaître, pour nous rétablir dans l’héritage et compenser la faillite ancestrale, il a fallu un dernier soupir, celui du Verbe incarné, sur les deux traverses du Golgotha. Le privilège de régir l’humanité, c’est bien au prix du sang que Notre Seigneur 1’a conquis, » (Actes, 20, 28). . C’est tout de même là un grand prix: (I cor. 6, 20).

L’écriteau dominant le gibet de Jésus porte, s’imposant au monde, le titre que rien ne peut effacer et qu’aucune main sacrilège n’a pu arracher, le titre écrit en toutes les langues : « Le roi des Juifs ». La royauté de Jésus-Christ est promulguée en langue hébraïque qui est la langue du peuple héritiers des promesses de Dieu, en langue grecque qui est la langue des docteurs et des philosophes inventeurs des arts, et en langue romaine qui est la langue de l’empire, du monde, la langue des conquérants et des politiques. Des maîtres de la terre

Notre Seigneur, pour nous sauver, ne s’est pas contenté de se faire l’un de nous, il a voulu faire de chacun de nous quelque chose de lui ; il ne nous sauve pas de l’extérieur, il nous greffe sur sa personne vivante ; « moi je suis le cep, vous les branches ». Le Christ a assumé la mission de s’attacher à 1ui tous les hommes, et personne ne peut être sauvé que par lui. C’est une souveraineté dominant ciel, terre et enfer. Dieu, dit saint Paul, « a donné au Christ un nom au-dessus de tout nom, afin que, devant lui, tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers » (Phil.2, Elle ne se borne pas aux fidèles, qui gardent la grâce ; elle s’étend aux pécheurs pour les maintenir dans la foi et l’espérance même au-delà de la vie terrestre Notre Seigneur ne communique plus sa vie surnaturelle aux damnés, il règne encore sur eux : ils n’ont pas voulu le laisser régner par la miséricorde et l’amour, ils ne peuvent l’empêcher de régner par sa justice. (il est descendu au enfers)

.C’est avant tout une royauté spirituelle. .

Le Christ, par sa morale, mérite de régir les consciences: « Soyez parfaits », est-il venu nous dire, « comme le Père céleste est parfait » Et comme cet idéal peut sembler trop haut ou trop invisible, le Verbe incarné l’a transformé en celui-ci : »Soyez parfaits comme le Fils est parfait ». Imiter son exemple, obéir à ses ordres, suivre ses conseils, voila la règle de la bonne vie, le chemin de la perfection. Nous n’aurons pas d’ailleurs seulement à reproduire, du dehors, Jésus-Christ ; mais à le prolonger par le dedans, à devenir d’autres Lui-même. C’est sur notre fidélité à cette vocation d’autre Christ » que nous serons jugés le dernier jour, et par le Christ lui-même, souverain juge.

Mais c’est aussi un royauté sociale

Pendant très longtemps il y a eu fusion très forte entre l’état et la religion dénaturant souvent la mission même de l’Église. Comme dans toute chose il faut une juste limite . Le citoyen est fils de Dieu. S’ il est fidèle à Dieu cette fidélité s’étend automatiquement à son travail, à sa vie privée et publique, à ses relations Il ne peut pas y avoir un homme de l’église et un homme de la vie publique. Il devient ambassadeur de la royauté divine en appliquant dans son milieu les lois divines. Pendant longtemps il n’était pas bien vue d’être du service de l’église et du service des institutions. Depuis un certain temps l’église encourage de se plonger dans le monde. Trop souvent cette plongée devient une noyade car en s’étourdissant par la vie publique on oublie Dieu et le royaume que l’on représente.

Dans une réunion générale de la Commune, à l’Hôtel de Ville de Paris, Courbet ayant proposé de proclamer solennellement l’athéisme, Jules Valles lui répondit: « Je ne voterai pas la proposition ; Dieu ne me gène pas ; ce qui me gène, c’est le Christ » Drôle de réflexion qui me fait poser d’autres questions en vrac.

Si Jésus-Christ est pour le chrétien l’unique moyen de salut, pourquoi admet il que les sociétés civiles aient le droit de lui devenir étrangères ? Comment faire une loi dans les sens de l’amour de Dieu donc de l’amour des hommes quand on ne connaît pas ce qu’est cet amour? Comment admettre pour un chrétien que le Verbe fait chair ne soit, dans la vie générale des sociétés, qu’un accessoire ou un grandissime zéro ? Est ce pour ce beau résultat que l’Infini s’est incarné ? Quel ridicule de lui concéder la royauté sur les consciences et de lui refuser la royauté sur les sociétés. S’il est l’Homme-Dieu, il a barre sur tout et sur tous. Qui ne se rappelle la forte parole de saint Grégoire le grand à l’empereur Maurice ; »Sachez, grand empereur, que la puissance vous est accordée d’en-haut, afin que la vertu soit aidée, les voies du ciel élargies et que 1’empire de la terre serve l’empire du ciel » .parole si vigoureusement commentée par Bossuet dans l’oraison funèbre d’Henriette de France .Saint Augustin développe la même pensée, par exemple dans sa lettre 175 au gouverneur Boniface: « Autre chose est, pour le prince, de servir Dieu en sa qualité d’individu, autre chose en sa qualité de prince. Comme homme, il le sert en vivant fidèlement; comme roi, en portant des lois propres à faire régner la justice et repousser l’iniquité et en les sanctionnant avec une vigueur convenable. Les rois servent 1e Seigneur en tant que rois, quand ils font pour sa cause ce que les rois seuls peuvent faire ». Ailleurs (lettre 155 à Macedonius), il précise que « les sociétés publiques participent aux devoirs des simples particuliers et ne peuvent trouver la félicité qu’à la même source »,c’est-à-dire en étant fidèles aux enseignements du Maître et Roi, Jésus- Christ. Que l’on ne dise pas d’ailleurs qu’i1 suffit aux gouvernements de faire observer la justice naturelle, qu’ils n’ont point à faire régner la loi du Christ. Au sixième concile général, le pape saint Agathon affirmait déjà : « Le Tout-Puissant, en remettant aux princes la garde de la société chrétienne, a voulu qu’ils usent du pouvoir qui leur est confié pour chercher et conserver sans tache la vérité enseignée par ce Dieu, de qui ils tiennent leur royauté, et qui est lui-même le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Qu’ils fassent donc tous leurs efforts pour faire régner la vraie doctrine, telle qu’elle a été enseignée par les apôtres et transmise par leurs successeurs » (Hardoin Concilia p 1081-1111). .

Enlevez le Christ, tout tombe. Quand le Christ est au gibet, c’est Barabbas qui règne. « Quand la religion, écrivait le cardinal Pie, n’est plus la médiatrice des rois et des peuples, le monde est alternativement victime des uns et des autres. Le pouvoir, libre de tout frein moral, s’érige en tyrannie, jusqu’à ce que la tyrannie devenue intolérable amène le triomphe de la rébellion. Puis, de la rébellion. sort quelque nouvelle dictature, plus odieuse que la première ».

La thèse libérale bien ancrée aujourd’hui — Est-ce que, par son but même (assurer le bien temporel), la société civile n’échappe pas à la souveraine royauté du Christ Jésus Le laïc dit «  L'Etat, ayant une fin purement temporelle, a pour devoir d’ignorer officiellement l’Église , la révélation, la vérité religieuse. ..L’Etat n’a pas à s’occuper du christianisme ll poursuit une fin qui lui est propre, il légifère librement et laisse les citoyens choisir leur religion ou n’en suivre aucune. Les choses se passent dans la religion comme s’il n’y avait pas d’Etat; elles se passent dans l’Etat comme s’il n’y avait pas de religion ». Mais je pense que légiférer sur un problème de société sans demander l’avis étudié et discuté des chefs religieux c’est s’exposer à faire une loi qui oblige l’homme social et détruit l’homme moral. C’est l’action d’une autorité qui oublie l’homme pour le profit général ou comme pour le mariage des homos pour le profit d’ une minorité, et qui à moyen terme se perdra dans ses contradiction et ses lâchetés .


Prière sur les offrandes

En offrant le sacrifice qui te réconcilie les hommes, Seigneur, nous te prions : que ton Fils lui-même accorde à tous les peuples les biens de l’unité et de la paix.


Préface

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Tu as consacré Prêtre éternel et Roi de 1’univers ton Fils unique, Jésus Christ, notre Seigneur, afin qu’il s’offre1ui-meme sur 1’autel de la Croix en victime pure et pacifique, pour accomplir les mystères de notre rédemption, et qu’après avoir soumis à son pouvoir toutes les créatures, il remette aux mains de ta souveraine puissance un règne sans limite et sans fin : règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix. C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous proclamons ta gloire, en chantant d’une seule voix Saint! Saint...



Prière après la communion

Après avoir partagé le pain de l'immortalité, nous te supplions, Seigneur : nous mettons notre gloire à obéir au Christ Roi de l’univers. Fais que nous puissions vivre avec lui, éternellement, dans la demeure du ciel. 


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